Bio 2017-11-07T18:11:07+00:00

Être peintre est l’accomplissement d’un instinct omniscient : c’est un engagement. La décision prise quant aux formes et aux couleurs est intuitive, dictée par le présent alors que la physionomie de la toile achevée pourrait suggérer un concept de travail hautement calculé.

Christine Pillot est une artiste peintre, dédiée à la création dans le courant abstrait depuis plus de 30 ans. Née en 1966 à Paris, elle étudie aux Beaux-Arts de Toulouse et à la faculté d’Arts Plastiques de Bordeaux avant de partir en 1988 pour le Sénégal. S’ensuit une riche période où elle défend son expression artistique, engagée dans la couleur et la forme. À Dakar ce mouvement s’illustre dans la vie de plusieurs lieux, dont sa résidence, l’Atelier Céramiques Almadies, où s’ouvrent les portes sur un monde culturel métissé et bouillonnant. Quand elle n’expose pas, elle invite de nombreux artistes à partager leurs créations et assure ainsi la programmation des lieux.Multipliant les projets artistiques, commandes, scénographies, design d’espace et d’objets, elle participe à la naissance de la Biennale de l’Art Africain Contemporain de Dakar, à travers la création d’un Off, dont le modèle arrivé à sa 12e édition est aujourd’hui une référence majeure sur le continent. Ce parcours d’exposition très prolifique verra son oeuvre traverser de nombreux pays : Sénégal Mauritanie, Chine, Italie, Pologne, Luxembourg… de retour vers ses racines elle retrouve la France, et choisit d’installer son atelier à Bordeaux. Sa peinture exprime une mouvance, une concentration, moteur indispensable à son oeuvre. Le rien le néant, la conduisent à l’infini, à la recherche permanente, à un travail minutieux hors de tout compromis où l’abstraction traduit son interrogation sur la vie sur terre et au-delà.

« Les formes et les couleurs pourraient laisser suggérer, lorsque la toile est « finie », une construction préalablement conçue. Or, toutes les circonstances de sa réalisation relèvent d’une intuition largement guidée par la méditation, par cet d’ésotérisme acréatif. Des oppositions essentielles à l’équilibre cohabitent dans la toile, et l’image reste mouvante. C’est ainsi que l’on pourrait aborder sa création, dans sa musicalité comme dans ses errances, ou dans ces interstices où se côtoient l’univers et le geste patient, soumis à tous les aléas d’une cosmologie intime, évidente et sereine. »

Philippe Duciel, Critique D’art